Le Bûcher des vanités

lebucherdesvanitesLe Bûcher des vanités est un roman de 1987 de Tom Wolfe. L’histoire est un drame sur l’ambition, le racisme, la classe sociale, la politique et l’avidité dans le New York des années 1980 et se concentre sur trois personnages principaux : le financier en obligation protestant blanc Sherman McCoy, le procureur adjoint juif Larry Kramer et le journaliste britannique expatrié Peter Fallow.

Le roman a été à l’origine conçu comme une série dans le style des écrits de Charles Dickens ; 27 parties sont parues dans Rolling Stone à partir de 1984. Wolfe l’a grandement révisé avant qu’il soit publié sous forme de livre. Le roman a été un best-seller et un succès phénoménal, même en comparaison avec les autres livres de Wolfe. Il a souvent été nommé le roman essentiel des années 1980.

Le titre est une référence au Bûcher des vanités historique, qui a eu lieu en 1497 à Florence en Italie, quand la ville était sous le règne du prêtre dominicain Jérôme Savonarole. Le titre du livre est manifestement une référence aux vanités de la société new-yorkaise des années 1980 et semble aussi être influencé par l’Ecclésiaste : l’expression “vanité des vanités, tout est vanité” vient de Ecclésiaste, 1,2Ecclésiaste et le Bûcher des vanités ont tous les deux des thèmes similaires impliquant le manque de contrôle que n’importe qui peut avoir sur sa vie peu importe sa richesse, sa sagesse ou son succès.

Wolfe a délibérément cherché à faire que le Bûcher des vanités capture l’essence de New York dans les années 1980. Wall Street dans les années 1980 était juste en train de renaître après que la majeure partie de la décennie précédente avait été mauvaise pour les actions. Les excès de Wall Street étaient en première ligne de l’imagination populaire, capturés dans des films comme Wall Street d’Oliver Stone et des livres non romanesques comme Liar’s PokerDen of Thieves et Barbarians at the Gate.

Sous le succès de Wall Street, la ville était un foyer de tension raciale et culturelle. L’absence de domicile et le crime dans la ville grandissaient. Plusieurs incidents raciaux très médiatisés ont polarisés la ville, en particulier deux hommes qui ont été tués dans la section Gravesend de Brooklyn en 1982, et Michael Griffith à Howard Beach dans le Queens, en 1986. Dans un autre épisode qui est devenu un sujet de beaucoup d’attention médiatique, Bernhard Goetz est devenu une sorte de héros du peuple dans la ville pour avoir tiré sur un groupe d’hommes noirs qui ont essayé de le voler dans le métro en 1984.

Burton B. Roberts, juge du Bronx connu pour sa gestion impérieuse et pratique des dossiers dans sa salle d’audience, est devenu le modèle du personnage de Myron Kovitsky dans le livre.

Au cours du début de sa carrière, Wolfe avait projeté d’écrire un roman qui capturerait le large spectre de la société américaine. Parmi ses modèles se trouvait la Foire aux vanités de William Makepeace Thackeray, qui décrivait la société anglaise du XIXème siècle. Wolfe est resté occupé à écrire des livres non romanesques et à contribuer à Harper’s jusqu’en 1981, quand il a cessé tous ses autres projets pour travailler sur le roman.

Wollfe a commencé à faire des recherches pour le roman en observant des dossiers à la Manhattan Criminal Court et en suivant des membres de l’équipe des homicides de Manhatten. Afin de vaincre une panne d’inspiration, Wolfe a écrit à Jann Wenner, rédacteur en chef de Rolling Stone, pour proposer une idée tirée de Charles Dickens et Thackeray. Les écrivains victoriens, que Wolfe voyait comme ses modèles, avaient souvent écrit leurs romans en épisodes de série. Wenner a offert à Wolfe environ 200 000$ pour publier son œuvre en feuilleton. La pression de la date butoir lui a donné la motivation qu’il espérait, et de juillet 1984 à août 1985, chaque numéro bihebdomadaire de Rolling Stone contenait un nouvel épisode.  Wolfe n’était pas ravi par son “premier brouillon très publique”, et a complètement révisé son travail. Même Sherman McCoy, le personnage central du roman, a changé – à l’origine écrivain, dans le livre il devient vendeur d’obligations. (Wolfe a choisi ce nouvel emploi après avoir passé une journée au bureau des Salomon Brothers, lié au gouvernement, dont de nombreux financiers ont plus tard fondé le fonds spéculant notoire Long-Term Capital Management.) Wolfe a fait des recherches et a révisé pendant deux ans. Le Bûcher des vanités est sorti en 1987. Le livre a été un succès commercial et critique, passant des semaines dans les listes de best-sellers et s’attirant les louanges de la plupart de l’establishment littéraire que Wolfe avait longtemps couvert de mépris.

L’histoire se concentre sur Sherman McCoy, riche financier de Wall Street marié, une fille. Sa vie de “Maître de l’univers” est détruite quand lui et sa maîtresse, Maria Ruskin, entrent accidentellement dans le Bronx la nuit alors qu’ils rejoignent Manhattan en voiture depuis l’aéroport Kennedy. Trouvant la bretelle vers la nationale bloquée par des poubelles et un pneu, McCoy sort de la voiture pour se faire un chemin. Approché par deux hommes noirs qu’ils perçoivent – fébrilement, dans le cas de Sherman – comme des prédateurs, Mccoy et Ruskin fuient. Ayant pris le volant de la voiture, qui zigzague alors qu’ils s’enfuient, Ruskin apparemment renverse l’un des deux – un “maigrichon”.

Peter Fallow, journaliste alcoolique has been du tabloïde City Light, se voit bientôt donné l’opportunité de toute une vie quand on le persuade d’écrire une série d’articles sur Henry Lamb, jeune noir qui aurait été victime d’un délit de fuite de la part d’un riche conducteur blanc. Fallow tolère de manière cynique les manipulations du Révérend Bacon, leader religieux et politique de Harlem qui voit le garçon hospitalisé comme une success story qui a mal tourné. La série d’articles de Fallow à ce sujet déclenche une série de protestation et d’intérêt médiatique pour l’affaire Lamb.

Partant pour la réélection et accusé d’atermoiements dans l’affaire Lamb, le procureur du Bronx obsédé par les médias, Abe Weiss, fait pression en faveur de l’arrestation de McCoy. Les preuves sont constituées de la voiture de McCoy, qui correspond à la description du véhicule impliqué dans le prétendu délit de fuite, plus la réponse évasive de McCoy aux questions de la police. L’arrestation ruine quasiment McCoy ; la distraction au travail lui cause l’échec d’obtention d’un investisseur pour une obligation de 600 millions$, par conséquent, McCoy est forcé de partir en congé. Les amis de la haute de Sherman l’ostracisent, et sa femme le quitte en emmenant leur fille.

Espérant impressionner son patron ainsi qu’un attirante ancienne jurée, Shelly Thomas, le procureur adjoint Larry Kramer s’est occupé agressivement de l’affaire, ouvrant avec une tentative sans succès de placer la caution de McCoy à 250 000$. Relâché sous caution, McCoy est cerné par des manifestants qui protestent devant sa SCOP de Park Avenue à 3 millions $.

Fallow entend une rumeur selon laquelle Ruskin était au volant de la voiture de McCoy quand elle aurait frappé Lamb, mais Ruskin a fuit le pays. Essayant de dévoiler la vérité, sous prétexte d’interviewer les riches et les célèbres, Fallow rencontre le mari de Ruskin, Arthur, dans un restaurant français onéreux. Alors qu’il racontait sa vie, Arthur a une attaque fatale, tandis que les clients inquiets et un maître d’hôtel ennuyé observent. Ruskin est forcée à revenir aux États-Unis pour ses funérailles, où McCoy la confronte à propos d’être “la seule témoin”. Fallow, espérant également parler à Ruskin, surprend cette conversation.

Le rapport de Fallow sur l’association entre McCoy et Ruskin pousse le procureur adjoint Kramer à offrir un accord à Ruskin : confirmer l’autre témoin et recevoir l’immunité – ou être traitée en complice. Ruskin raconte cela à McCoy alors qu’il porte un micro. Quand un détective privé employé par l’avocat de McCoy, Tommy Killian, découvre un enregistrement d’une conversation qui contredit le témoignage de Ruskin devant le grand jury, le juge assigné à l’affaire déclare le témoignage “corrompu” et rejette le dossier.

Tandis que l’épilogue, article fictif du New York Times, nous informe que Fallow a gagné le Prix Pulitzer et épousé la fille du propriétaire de City Light, Gerald Steiner, tandis que Ruskin a échappé aux poursuites et s’est remariée. Le deuxième procès de McCoy se conclus sur un jury sans majorité, séparé le long des lignes raciales. Kramer est retiré de l’accusation après qu’on ait révélé qu’il avait eu des relations sexuelles avec Shelly Thomas dans l’appartement auparavant utilisé par Ruskin et McCoy. On révèle également que McCoy a perdu un procès civil contre la famille Lamb et, en attendant l’appel, a une dette de 12 millions $, ce qui a eu pour conséquence l’immobilisation de ses biens. Henri Lamb, oublié de tous, succombe à ses blessures ; McCoy, sans le sou et éloigné de sa femme et de sa fille, attend le procès pour homicide involontaire. À la fin du roman, Tommy Killian s’étend :

Si cette affaire avait été jugée in foro conscientiae [dans la cour de la conscience], les prévenus auraient été Abe Weiss, Reginald Bacon, et Peter Fallow du City Light.

Le Bûcher des vanités était le premier roman de Wolfe. Les œuvres précédentes de Wolfe étaient principalement des articles de journaux et des livres non romanesques. Ses premières nouvelles sont apparues dans son recueil Mauve Gloves & Madmen, Clutter & Vine.

Selon Wolfe, les personnages sont composés de nombreux individus et d’observations culturelles. Cependant, certains personnages sont basés sur de véritables personnes. Wolfe a reconnu que le personnage de Tommy Killian est fondé sur l’avocat de New York Edward Hayes, à qui le livre est dédié. Le personnage du Révérend Bacon est considéré par beaucoup comme basé sur le Révérend Al Sharpton et/ou Jesse Jackson, qui ont tous les deux fait campagne pour éliminer le racisme.

En 2007, lors du 20ème anniversaire de la publication du livre, le New York Times a publié une rétrospective sur comment la ville a changé depuis le roman de Wolfe.

Le livre a été un best-seller majeur, et a également reçu de fortes chroniques. Le New York Times a loué le livre, disant que c’était “un gros livre amer, drôle, subtilement bien monté qui vous tient la jambe sans jamais vous lâcher”, mais critiquait ses personnages parfois superficiels, disant que quand “le livre est fini, il y a un arrière-goût bizarre, pas entièrement plaisant”.

En 1990, le Bûcher des vanités a été adapté au cinéma avec Tom Hanks dans le rôle de Sherman McCoy, Kim Cattrall dans le rôle de sa femme Judy, Melanie Griffith dans le rôle de sa maîtresse Maria, et Bruce Willis dans le rôle du journaliste (et narrateur du film) Peter Fallow. Le scénario a été écrit par Michael Cristofer. Wolfe a reçu 750 000$ pour les droits. Le film, cependant, a été un fiasco commercial et critique.

Une adaptation sous forme d’opéra, avec de la musique composée par Stefania de Kenessey et le libretto et la mise en scène par Michael Bergmann, a ouvert à New York le 9 octobre 2015.

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :