“I live in a remote place. I intend to stay in it – I’m not very social”

hockneydavid(“Je vis dans un endroit reculé. J’ai l’intention d’y rester – Je ne suis pas très social”)
David Hockney – Setlist de la tournée National Treasures
Extrait d’une interview pour la BBC datée du 13 janvier 2012

David Hockney, né le 9 juillet 1937 à Bradford, au Royaume-Uni, peintre, dessinateur, graveur, décorateur et photographe britannique, est une figure majeure du mouvement Pop Art des années 1960 et un des peintres britanniques les plus influents du XXème siècle. Usant de couleurs acidulées et attirantes, David Hockney peint des portraits et des paysages où se mêlent peinture et photographie.

Il vit entre le Yorkshire, sa province natale et Kensington à Londres. Ayant vécu une grand partie de sa vie en Californie à Los Angeles, où il conserve un atelier sur Santa Monica Boulevard où sont conservées ses archives.

David Hockney est né dans une famille modeste, quatrième enfant d’une fratrie de cinq. Son père avait été un objecteur de conscience pendant la seconde guerre mondiale, David Hockney refuse de faire son service militaire de 1957-59. Après des études au Royal College of Art de Londres, où il rencontre Allen Jones, Patrick Caulfield. Il en est diplômé en 1962. Il commence sa carrière de peintre et fait un premier voyage en Égypte comme dessinateur de presse pour le Sunday Times. En 1964, il découvre la Californie, les polaroids, la peinture acrylique, les belles villas et leur piscine qui devient le motif de ses œuvres. Il rencontre Peter Schlesinger qui devient son amant. Il vit aux États-Unis jusqu’en 1968.

Éloigné des courants les plus-avant-gardistes, Hockney pratique un art figuratif presque expressionniste où se mêlent portraits, photographies et vidéos. En 1963, année où il expose à la Biennale de Paris, ses œuvres deviennent plus autonomes et autobiographiques. Il peint des autoportraits, les portraits de ses parents, d’amis, des séries de scènes d’intérieur, de garçons sous la douche, de piscines, d’animaux en bois, de voyages. Il rencontre Andy Warhol à New York en 1963. Warhol lui rendra visite plus tard à Los Angeles et lui aurait suggéré de faire sa série de piscines. Homosexuel revendiqué, David Hockney revient vivre à Londres en 1968, puis s’installe à Paris où il vit avant de repartir vivre en Californie en 1978. En 1973, Jack Hazan réalise un documentaire-fiction consacré à David Hockney intitulé A Bigger Splash qui assoit sa notoriété internationale naissante (le film est primé au Festival international du film de Locarno) et se fait écho de la peinture A bigger Splash qui présente les piscines californiennes dans les villas luxueuses. En 1974, le musée des arts décoratifs de Paris lui organise une première rétrospective.

David Hockney revient vivre et travailler à Los Angeles, en Californie, en 1978. lorsqu’il est atteint de surdité presque totale à l’âge de quarante ans. Il travaille à partir de la photographie des objets. À partir de centaines de prises de vue décalées les unes par rapport aux autres, il peint A closer Grand Canyon et nombre de photocollages (A Chair, Jardin du Luxembourg). Il pose sur la toile une très mince couche de peinture apposée en aplats qui donne une impression proche de la photographie. Il s’aperçoit que les photographies prises en grand angle sont très déformées et peu satisfaisantes. Il fait alors une suite de polaroids d’un même sujet mais en déplaçant le point de vue et il les assemble. Cette technique donne plus d’informations qu’une seule photographie, malgré les raccords qui ne se font pas. En 1986, il commence une œuvre de grande envergure qui ne verra le jour qu’en 1998. C’est le Bigger Grand canyon. Il commence par un assemblage de 60 photographies le collage No 2, dont la taille est de 113 × 322 cm de long. Ensuite il reprend ces vues sur trois bandes de papier pour les dessiner avec des fusains et des crayons. Le dessin fait les raccords nécessaires de toutes ces photos. Il commence alors quelques détails de ce Grand Canyon, de 6 panneaux, à la taille du tableau définitif. La peinture finale se fera en 1998 avec 60 toiles assemblées (5 × 12 en longueur) et mesure 7,40 de long.

En 1999, à Paris, le musée du centre Georges-Pompidou présente une rétrospective de son œuvre sur les paysages, intitulée: ESPACE / PAYSAGE. On voit les questions posées et les réponses qu’il apporte, depuis les années soixante, à la représentation des paysages avec d’autres moyens que la perspective linéaire. En 2001, il publie un essai : Savoirs secrets, les techniques perdues des Maîtres anciens, aux éditions du Seuil. Il démontre par les textes et par les images, l’utilisation d’appareils d’optique, par de nombreux peintres depuis le XVème siècle. En 2006, il complète cet ouvrage par une nouvelle édition. Cette démonstration très détaillée et scolaire a fait réagir et débattre de nombreux peintres et historiens d’art puisqu’elle applique le connaissance historique. C’est en affichant sur le mur de son atelier des photocopies en couleurs des peintures d’avant la Renaissance jusqu’à nos jours, qu’il a vu des différences notables, à partir de certaines époques. En même temps, les dessins de tissus plissés deviennent parfaits, les reflets des armures sont comme des photographies, les personnages qui tiennent une coupe à la main pour boire sont presque tous gauchers. L’utilisation de miroirs est probable. Jan van Eyck sur sa toile Les époux Arnolfini montre un miroir convexe représentant ce que voient les personnages qui nous font face, qu’on ne pourrait pas voir autrement. Plus tard certains peintres, comme Canaletto, ne se cachaient pas d’utiliser la “camera oscura”, d’autres ont utilisé des jeux de miroirs ou des miroirs concaves qui projetaient l’image sur la toile à peindre. Ses démonstrations sont fascinantes, notamment celle qu’il a réalisé à Florence avec ses assistants pour reproduire la fameuse tablette de Brunelleschi dont on ne connaît que les descriptions posthumes. À l’heure ou le soleil éclaire la Baptistère devant le Duomo, il a installé un miroir concave à l’ombre du porche qui reproduisait fidèlement l’image du baptistère sur un carton blanc placé devant lui. Comme Brunelleschi lui-même l’avait très probablement fait, en utilisant un miroir pour illustrer l’invention de la perspective.

En 2003, il pose pour le peintre Lucian Freud.

Il revient en Angleterre en 2005 et vit dans l’Est du Yorkshire, la contrée de son enfance. Dans un vaste atelier, il peint des paysages en très grands formats. D’abord des aquarelles qu’il présente dans un seul cadre qui contient 36 aquarelles pour montrer l’ambiance générale des sites. Ensuite il expose à Venice, en Californie en 2007, ses peintures en grands formats sont souvent composés de plusieurs toiles. Ses peintures n’ont pas qu’un seul point de vue comme un appareil photographique, mais plusieurs, l’œil humain donne beaucoup plus d’informations qu’une lentille photographique. C’est maintenant son but de montrer un paysage lisible avec des points de vue différents, pour permettre au “regardant” d’entrer dans le paysage pour le ressentir comme le peintre.

Il s’intéresse aussi aux œuvres numériques. En 2010 il expose à Paris, à la fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent, ses œuvres réalisées sur iPhone et iPad, il met aussi en avant la possibilité sur les logiciels de rediffuser le processus créatif, déclarant “La seule expérience semblable est celle où l’on voit Picasso dessiner sur du verre pour un film” (en référence au film Le Mystère Picasso d’Henri-Georges Clouzot).

Le 2 janvier 2012, il a été nommé par la reine d’Angleterre, membre de l’Ordre du mérite britannique.

Une grande exposition s’est ouverte le 23 janvier 2012 à la Royal Academy de Londres, A Bigger Picture qui montre de grandes œuvres sur le thème du paysage anglais. Ce sont surtout de très grands formats mais il montre aussi des œuvres réalisées sur un iPad dont il use comme un carnet de croquis avec des possibilités plus étendues. Plus surprenante, la perception d’un paysage par 18 caméras placées à différents points de vue. Il poursuit son exploration de la reproduction des paysages, commencée il y a une cinquantaine d’années, sans se contraindre à la perspective. Il multiplie les points de vue sur un assemblage de plusieurs toiles et pense que la peinture est seule à pouvoir donner cette lecture d’un paysage. L’exposition a duré jusqu’au 9 avril 2012 à Londres, puis elle a été installée au Musée Guggenheim à Bilbao pour l’été 2012, et s’est poursuivie au Musée Ludwig à Cologne en Allemagne du 27 octobre 2012 au 3 février 2013.

En mars 2013, son assistant Dominic Elliott meurt accidentellement dans sa maison après une fête.

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