La Cloche de détresse

laclochededetresseLa Cloche de détresse (The Bell Jar) est l’unique roman écrit par l’auteur et poétesse américaine Sylvia Plath. Publié à l’origine sous le pseudonyme de “Victoria Lucas” en 1963, le roman est semi-autobiographique, avec le nom des lieux et des personnes changés. Le livre est souvent considéré comme un roman à clef puisque la descente de la protagoniste dans la maladie mentale est comparable aux propres expériences de Plath qui auraient pu être de la dépression. Plath s’est suicidée un mois après sa première publication au Royaume-Uni. Le roman a été publié sous le nom de Plath pour la première fois en 1967 et n’a pas été publié aux États-Unis avant 1971, conformément aux souhaits du mari de Plath, Ted Hughes, et de sa mère. Le roman  a été traduit dans pratiquement une dizaine de langues. Le roman, bien que sombre, est souvent étudié dans les cours d’anglais au lycée.

Esther Greenwood, jeune femme de la banlieue de Boston, remporte un stage d’été chez un célèbre magazine à New York, sous les ordres de l’éditrice Jay Cee ; cependant, Esther n’est ni stimulée ou excitée par la capitale ou la culture et le style de vie glamours que les filles de son âge sont censées idolâtrer et imiter. À la place, elle trouve son expérience effrayante et déconcertante ; appréciant le sarcasme amusant et le côté aventureux de son amie Doreen, mais s’identifiant également à la piété de Betsy (surnommée “Pollyanna”), fille de sororité sainte nitouche qui fait toujours tout bien. Elle a une bienfaitrice dans la personne de Philomena Guinea, ancienne écrivaine de fiction à succès (fondée sur Olive Higgins Prouty), qui paiera plus tard une partie des frais d’hospitalisation d’Esther.

Esther décrit en détails plusieurs incidents comiques et dramatiques à la fois qui arrivent durant son stage, pour commencer une expérience malheureuse et amusante lors d’un banquet pour les filles tenu par le personnel du magazine Ladies’ Day. Elle se souvient de son ami Buddy, avec qui elle est sortie plus ou moins sérieusement, et qui se considère son fiancé de facto. Elle pense aussi à Ethel et Julius Rosenberg, qui doivent être exécutés. Elle retourne chez elle dans le Massachusetts le moral au plus bas. Elle espérait une autre opportunité universitaire une fois de retour dans le Massachusetts, un atelier d’écriture par un auteur connu de part le monde, mais à son arrivée, sa mère lui dit immédiatement qu’elle n’a pas été acceptée à l’atelier. Elle décide de passer l’été à potentiellement écrire un roman, même s’il lui manque assez d’expérience de la vie pour écrire de manière convaincante. Toute son identité a été centrée sur réussir ses études ; elle est incertaine de quoi faire de sa vie une fois ses études finies, et aucun des choix qui se présentent à elle (la maternité, comme illustrée par la prolifique poule pondeuse stupide Dodo Conway, ou des carrières féminines stéréotypes comme la sténographie) ne l’attire.

Esther est de plus en plus déprimée, et se retrouve incapable de dormir. Sa mère l’encourage, ou peut-être la force, à voir un psychiatre, le Dr Gordon, dont Esther se méfie parce qu’il est attirant et semble exhiber une photo de sa charmante famille plutôt que de l’écouter. Il prescrit des électrochocs, et après, elle dit à sa mère qu’elle n’y retournera pas.

L’état mental d’Esther s’aggrave ; décrivant sa dépression comme un sentiment d’être piégée sous une cloche, luttant pour respirer. Elle fait quelques petites tentatives de suicide, dont nager loin au large, avant d’en faire une grave. Elle laisse une note disant qu’elle est partie faire une longue promenade, puis rampe sous la maison et avale une cinquantaine de somnifères qui lui avaient été prescrits pour son insomnie. Dans un épisode très dramatique, les journaux la présument kidnappée et morte, mais elle est découverte sous la maison après un moment indéterminée. Elle survit et est envoyée dans un hôpital psychiatrique différent, où elle rencontre le Dr Nolan, une thérapeute. Avec des sessions régulières de psychothérapie, on donne à Esther de grandes quantités d’insuline pour produire une “réaction”, et reçoit encore une fois des électrochocs, avec le Dr Nolan s’assurant qu’ils soient proprement administrés. Esther décrit les électrochocs comme bénéfiques dans le sens où ils ont une sorte d’effet antidépresseur ; ils soulèvent la cloche métaphorique dans laquelle elle se sentait piégée et étouffée. Son séjour dans l’institution privée est financé par sa bienfaitrice, Philomena Guinea.

Esther raconte au Dr Nolan combien elle envie la liberté qu’ont les hommes et combien elle, en tant que femme, s’inquiète de tomber enceinte. Le Dr Nolan la réfère à un médecin, qui lui pose un diaphragme. Esther se sent désormais libérée de ses peurs des conséquences des rapports sexuels ; libérée des pressions précédentes de se marier, potentiellement au mauvais homme. Sous la supervision du Dr Nolan, Esther s’améliore et divers tournants dans sa vie l’aident à regagner sa santé mentale. Le roman se termine sur le moment où elle entre dans une pièce pour un entretien, qui décidera si oui ou non elle peut quitter l’hôpital.

Il est suggéré au début du roman que, des années plus tard, Esther finira par avoir un bébé.

Esther Greenwood est la protagoniste de l’histoire, qui devient mentalement instable durant un été passé comme stagiaire chez un magazine à New York. Tourmentée à la fois par la mort de son père et le sentiment qu’elle ne convient simplement pas au rôle culturellement acceptable de femme, elle tente de se suicider dans l’espoir d’y échapper.

Doreen est une jeune femme rebelle et une autre stagiaire à Ladies’ Day, le magazine pour lequel Esther a remporté un stage pour l’été, et la meilleure amie d’Esther dans l’hôtel à New York où séjournent toutes les stagiaires. Esther trouve la personnalité confiante de Doreen séduisante mais également difficile, car elle désire le même niveau de liberté mais sait qu’un tel comportement est vu d’un mauvais œil.

Joan est une ancienne amie d’Esther, qui la rejoint à l’asile et finit par se suicider.

Le Docteur Nolan est la médecin d’Esther à l’asile. Belle femme attentionné, sa combinaison de féminité louée par la société et les compétences professionnelles lui permet d’être la première femme dans la vie d’Esther avec laquelle elle pense pouvoir complètement se connecter. Nolan administre des électrochocs à Esther et le fait correctement, ce qui mène à des résultats positifs.

Le Docteur Gordon est le premier médecin que rencontre Esther. Égocentrique et condescendant, il la soumet à des électrochocs traumatisants qui la hantent pendant le reste de ses soins médicaux.

Madame Greenwood, la mère d’Esther, aime sa fille mais pousse constamment Esther à rentrer dans le moule sociétal de l’idéal de la femme blanche de la femme, dont Esther se sent complètement déconnectée.

Buddy Willard est l’ancien petit-ami d’Esther dans sa ville natale. Étudiant en médecin, Buddy veut une femme qui reflète sa mère, et espère qu’Esther sera cela pour lui. Esther l’adore au cours du lycée, mais en apprenant qu’il n’est pas vierge, perd son respect et elle le traite d’hypocrite. Elle lutte pour mettre fin à sa relation après qu’il soit diagnostiqué comme souffrant de tuberculose. Il finit par la demander en mariage, mais Esther refuse à cause de la décision qu’elle a prise de ne pas se marier, ce à quoi Buddy répond qu’elle est folle.

Madame Willard, la mère de Buddy Willard, est une femme au foyer dédiée qui est déterminée à ce que Buddy et Esther se marient.

Monsieur Willard, le père de Buddy Willard et époux de Madame Willard, est un bon ami de la famille.

Constantin, interprète à l’accent étranger, sort avec Esther alors qu’ils sont tous les deux à New York. Ils reviennent à son appartement et Esther envisage de lui donner sa virginité, mais à la fin, elle y renonce.

Irwin est un jeune homme grand et plutôt laid, à qui Esther donne sa virginité ce qui lui déclenche une hémorragie. C’est “un professeur de mathématiques très bien payé” qui invite Esther à prendre un café, ce qui la mène à coucher avec lui, ce qui mène Esther à l’hôpital pour arrêter le saignement.

Jay Cee est la patronne stricte d’Esther, qui est très intelligente, alors “Le fait qu’elle soit moche comme un pou ne semble pas important”. Elle est responsable de corriger le travail d’Esther.

Lenny Shepherd, jeune homme riche vivant à New York, invite Doreen et Esther à prendre un verre alors qu’elle sont en route vers une fête. Doreen et Lenny commencent à sortir ensemble, enlevant Doreen plus souvent d’Esther.

Philomena Guinea, femme âgée riche, a été la personne qui a donné l’argent pour la bourse universitaire d’Esther. L’université d’Esther requiert que chaque boursière écrive une lettre à leur bienfaiteur, le ou la remerciant. Philomena invite Esther à manger. À un moment, elle a également été dans un asile elle-même, et paie l’asile “haut de gamme” dans lequel séjourne Esther.

Marco, Péruvien ami de Lenny Shepherd, est décidé à emmener Esther à une fête et finit par tenter de la violer.

Betsy, fille plus riche du magazine, est une fille “gentille” du Kansas à laquelle Esther s’efforce de ressembler. Elle sert d’opposé à Doreen, et Esther se retrouve déchirée entre les deux extrêmes de comportements et de personnalités.

Hilda est une autre fille du magazine, qu’Esther déteste généralement après qu’elle ait fait des commentaires négatifs sur les Rosenberg.

Selon son mari, Plath a commencé à écrire le roman en 1961, après avoir publié son premier recueil de poésie, The Colossus. Après sa séparation d’avec Hughes, Plath s’est installée dans un appartement plus petit à Londres, “lui donnant du temps et de la place pour travailler sans interruption. Puis à grande vitesse et avec très peu de révision du début à la fin, elle a écrit la Cloche de détresse”, a-t-il expliqué.

Plath écrivait le roman sous le mécénat de la Eugene F. Saxton Fellowship, affiliée à l’éditeur Harper & Row, mais ils ont été déçus par le manuscrit et se sont retirés, le nommant “décevant, juvénile et trop recherché”. Des titres de travail du roman incluaient Dairy of a Suicide (“Journal d’un suicide”) et The Girl in the Mirror (“la Fille du miroir”).

Le roman a été écrit utilisant une série de flash-back qui montrent des parties du passé d’Esther. Les flash-back parlent principalement de la relation d’Esther avec Buddy Willard. Le lecteur en apprend également plus sur ses premières années d’études.

La Cloche de détresse aborde la question de l’identité socialement acceptable. Il examine la “quête d’Esther de se forger une identité, être elle-même plutôt que ce que les autres s’attendent qu’elle devienne”. Esther est censée devenir une femme au foyer, et une femme autonome, sans les options d’attendre l’indépendance. Esther a l’impression d’être prisonnière des tâches domestiques et elle craint de perdre son moi. La Cloche de détresse cherche à souligner les problèmes de la société patriarcale opprimante des États-Unis de la moitié du XXème siècle. Les hommes de la vie d’Esther sont tous opprimants, que ce soit sur le plan physique ou émotionnel.

Le livre contient de nombreuses références à des personnes et des événements réels de la vie de Plath. Le stage chez un magazine de la vraie vie de Plath était chez le magazine Mademoiselle qui a commencé en 1953. De plus, Philomena Guinea est fondée sur la propre mécène de Plath, l’auteur Olive Higgins Prouty, qui a financé la bourse de Plath pour étudier au Smith College. Plath a été rejetée d’un atelier d’Harvard enseigné par Frank O’Connor. On pense que le Dr Nolan est basé sur la propre thérapeute de Plath, Ruth Beuscher, qu’elle a continué à voir après sa sortie de l’hôpital. Une bonne portion de cette partie du roman ressemble beaucoup beaucoup aux expériences chroniquées par Mary Jane Ward dans son roman autobiographique la Fosse aux serpents ; Plath a plus tard déclaré qu’elle avait vu des chroniques de la Fosse aux serpents et croyait que le public voulait voir “des trucs de santé mentale”, alors elle a délibérément basé des détails de l’hospitalisation d’Esther sur les procédures et les méthodes exposées dans le livre de Ward. Plath a été patiente au McMean Hospital, établissement haut de gamme qui ressemblait à la “fosse aux serpents” beaucoup moins que certaines salles du Metropolitan State Hospital, qui a pu être là où Mary Jane Ward a été effectivement hospitalisée.

Dans une interview de 2006, Joanne Greenberg a dit qu’elle avait été interviewée en 1986 par l’une des femmes qui avaient travaillé sur Mademoiselle avec Plath dans le groupe éditorial d’étudiantes invitées. La femme déclarait que Plath avait mis tellement de détails de la vraie vie des étudiantes dans la Cloche de détresse qu’“elles ne pouvaient plus se regarder”, et qu’il avait causé la rupture de son mariage et possiblement d’autres.

Janet McCann lie la recherche d’indépendance féminine de Plath avec une psychologie névrosée d’après elle. Le mari de Plath a insinué à un moment que la Cloche de détresse aurait pu être écrit comme réponse aux nombreuses années d’électrochocs et les cicatrices qu’ils ont laissées.

La Cloche de détresse a reçu “des chroniques prudemment positives”. La courte durée entre la publication du livre et le suicide de Plath a résulté dans “peu de lectures innocentes” du roman.

La majorité des premiers lecteurs se focalisaient principalement sur les liens autobiographiques entre Plath et la protagoniste. En réponse à la critique autobiographique, la critique Elizabeth Hardwick poussait les lecteurs à distinguer Plath l’écrivaine et Plath “l’événement”. Robert Scholes, écrivant pour le New York Times, a loué les “descriptions vives et troublantes” du roman. Mason Harris du West Coast Review a complimenté le roman comme utilisant “la lentille déformée de la folie [pour donner] une vision authentique d’une période qui exaltait l’idéal le plus opprimant de la raison et de la stabilité”. Howard Moss du New Yorker a donné une chronique mitigée, louant la “comédie noire” du roman, mais a ajouté qu’il y avait “quelque chose de petite fille dans sa manière [qui] trahit la main de la romancière amateur”.

La Cloche de détresse a été référencé par de nombreuses sources populaires dans les médias dont Gilmore Girlsles Simpsonles GriffinWarehouse 13Robot Chicken et dans le dernier épisode de Master of None. Quand Heather Chandler passe au travers de la table en verre dans Fatal Games, on peut voir une fiche de lecture de la Cloche de détresse par terre. Immédiatement, J.D. décide de masquer la mort de Heather comme un suicide. Iris Jamahl Dunkle a écrit du roman que “souvent, quand le roman apparaît dans des films et des séries américains, il représente la colère adolescente”.

Certains critiques ont comparé ce roman à une version féminines du roman l’Attrape-cœurs de J.D. Salinger.

The Bell Jar de Larry Peerce (1979) avec Marilyn Hassett dans le rôle d’Esther Greenwood, la protagoniste comprenait le slogan : “Parfois juste être une femme est un acte de courage”. Dans le film, Joan tente de faire un pacte de suicide avec Esther, incident qui ne se retrouve pas dans le livre. Joan est insinuée comme étant lesbienne dans le roman de Plath.

En juillet 2016, il a été annoncé que Kirsten Dunst ferait ses débuts derrière la caméra avec une adaptation de la Cloche de détresse avec Dakota Fanning dans le rôle de Esther Greenwood.

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