NME – 31 janvier 2015 : No Manifesto

De rares images intimes et des interviews méticuleuses de fans racontent tendrement l’histoire des Manic Street Preachers

L’une des meilleures choses dans ce nouveau documentaire sur les Manic Street Preachers par la réalisatrice Elizabeth Marcus et le producteur Kurt Engfehr, c’est qu’il se passe de la distribution habituelle de journalistes et de moulins à paroles et laisse une tonne d’images excellentes parler pour eux-mêmes.

Marcus et Engfehr ont interviewé une centaine de fans pour le film – qui a demandé 13 ans – les laissant narrer l’histoire et emmenant leurs questions au groupe, souvent dans des situations remarquablement intimes. Comme une équipe habile de documentaire nature, le duo gagne progressivement la confiance de leurs sujets, jusqu’à non seulement nous finissons par voir les Manics dans les choses sérieuses de l’enregistrement de l’album de renaissance de 2007, Send Away The Tigers, mais également Sean Moore se livrant à son habitude de tir sportif, Nicky Wire qui fait l’idiot dans son jardin et James Dean Bradfield qui préparer un bon petit-déjeuner anglais. Brillamment, il y a aussi l’enregistrement VHS de Nicky du deuxième concert des Manics au Little Theatre de Blackwood, complet avec des supporters de Cardiff beuglant, “Vous êtes pires que Swansea City”.

Le film s’étend et erre, à juste titre, dans l’humour, partant dans de charmantes digressions telles que Nicky et James interviewant de manière ringarde les prog rockeurs canadiens Rush, ou la présentation des deux hamsters d’une fan, Nicky et Richey, aux côtés d’interviews d’archive bien choisies. En tant que l’une des tribus de fans les plus principales de leur génération, il était temps qu’on rende dignement hommage aux disciples des Manics et ici, ils apparaissent comme intelligents, curieux, sardoniques et chaleureux – bien que, comme le note Nicky, “parfois ils nous méprisent, et parfois on les méprise”.

Cette relation épineuse est illuminée d’une belle manière, notamment quand James descend d’un pas lourd une rue de Cardiff en geignant, “Oh, tu es tellement gros maintenantOh, cette chanson est merdiqueOh, ils ont utilisé un sample de batterie…”.

Cette structure libre veut également dire un manque bienvenu d’éditorial. À un moment, ils passent de James parlant de Richey Edwards se rendant compte qu’il a mal tourné tandis que son état mental se détériorait, à Richey, réfléchissant ironiquement : “L’avenir… c’est un gros mot méchant, n’est-ce pas ?” Un extrait de Rusty James, un des films préférés du groupe, suit. Dedans, un jeune et beau Mickey Rourke, alors qu’il est comparé au joueur de flûte de Hamelin, dit d’une voix traînante, “Ils me suivront tous à la rivière, hein ? Et sauteront ? … T’sais, si tu vas mener des gens, tu dois avoir quelque part où aller”, avant de prendre la porte et d’aller devant un cadran énorme, emporte par un van de ferrailleurs. Cette scène se coupe alors, de belle manière, à la pendule géante du clip de Everything Must Go, le single de 1996, qui déclarait la détermination des Manics à survivre au départ de Richey. De telles juxtapositions dans ce travail d’amour intelligemment réalisé vous rappellent les collages culturels tellement aimés de Nicky et Richey ; des images et des idées qui tombent ensemble pour laisser les significations émerger par elles-mêmes.

Emily Mackay

Traduction : 28 janvier 2017

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