Uncut – mars 2015 : No Manifesto – A Film About Manic Street Preachers

November Films

Le documentaire longtemps retardé est finalement sorti…

Par Nick Hasted 6/10

No Manifesto retrouve les Manic Street Preachers dans une période de transition de leur carrière. Grandement tourné durant l’année 2005, tandis que le groupe enregistrait l’album Send Away The Tigers, la réalisatrice débutante Elizabeth Marcus rencontre un groupe qui tente de recalibrer sa carrière après un contretemps inopportun. En l’espèce, c’est l’album Lifeblood : un album qui a engendré deux singles n°2, mais que le groupe trouve néanmoins avoir eu moins de succès à représenter ses talents. Tandis que les Manics se réunissent pour trouver comment mieux avancer, Marcus tente de documenter leur histoire dans un style aussi direct que possible ; No Manifesto est tourné sobrement et libéré de mythification.

Évidemment, le film de Marcus a été mis en veille pendant un moment. Avec seulement une brève mise à jour pour incorporer Journal For Plague Lovers de 2009 – disque qui a mené l’actuelle renaissance créative du groupe – c’est essentiellement un regard sur l’histoire jusqu’à maintenant. Là où il réussit, c’est que Marcus et son équipe sont américains, et ainsi ont une perspective étrangère et inhabituelle sur la narration des Manics. Par conséquent, la politique du groupe – la grève des mineurs, Margaret Thatcher, Aneurin Bevan entre autres – n’est pas aussi fondamentale à l’histoire ici qu’en ferait un réalisateur britannique. À la place, Nicky Wire, James Dean Bradfield et Sean Moore sont filmés sans parti pris. Dans les mains de Marcus, par exemple, l’amour rétrograde du groupe des burgers Wimpy devient plus une proposition intrigante que n’importe quel tourment interne que le groupe ait pu vivre durant l’enregistrement de The Holy Bible.

Wire a en main son précieux enregistrement sur VHS du premier concert du groupe – le seul exemplaire en existence, il apparaît. Il montre un feu amateur ; en effet, c’est aussi punk qu’on pouvait l’espérer pour Blackwood. Le 10ème anniversaire du punk a été un moment clé du groupe ; Bradfield se souvient de regarder des images du Clash “200 fois” sur une compilation télé, déclenchant une compréhension que “la politique pouvait être glamour”. Bien que rapidement traité ici, leurs expériences durant la grève des mineurs sont néanmoins clairement articulées. Bradfield se rappelle que c’était “un moment glorieux pour être en colère. Bon Dieu, on avait de la chance !” Autre part, Wire feuillette de manière pudique les nombreuses notes que lui et Richey Edwards se sont écrites – les véritables cartes postales d’un jeune homme – qui révèlent le délicat monde intellectuel qu’ils s’étaient construit autour d’eux. Pendant ce temps, des images du groupe arrivant dans des studios télé à la décoration tape-à-l’œil fournit un assez gros contraste. Moins heureuse, cependant, c’est la tentative de Marcus d’utiliser les pensées et les opinions des fans comme une sorte de chœur. Alors que le lien du groupe avec ses fans est indéniablement profond et fort, comme le démontrent les Manics eux-mêmes, leur capacité à raconter leur propre histoire d’une manière éloquente et fascinante est l’une de leurs vertus.

L’approche prosaïque de Marcus fonctionne mieux quand nous allons chez les Manics. Bradfield exhibe ses talents pratiques de cuisinier avec un petit-déjeuner anglais d’une échelle industrielle. Wire fait du jardinage avec son chien, se languissant toujours de sa maison mitoyenne qu’il a dû quitter quand la presse tabloïd est devenue trop intrusive. Aujourd’hui, ses nouveaux voisins chics craignent “les folles soirées de rock star”. “Je suis probablement la personne la plus conservatrice de toute la rue”, proteste Wire. D’un autre côté, le plus évasif Sean Moore est, d’un commun accord, le plus bizarre d’entre eux. “Je n’aurais jamais pensé que Sean finirait avec autant de putains d’armes”, admet Wire. “Ça me fait sortir”, explique le batteur tandis qu’il fait tournoyer un fusil d’assaut, avant de s’installer avec une jubilation non dissimulée pour “le dernier sport véritablement ouvrier”. Le tir sportif. Seule l’interview idéaliste de Rush – énormes héros de Wire – par Wire et Bradfield se révèle aussi surprenante.

On ne s’attarde pas inutilement sur la disparition d’Edwards. Moore semble ne pas comprendre les actions de son ami, tandis que Bradfield spécule que la disparition d’Edwards était un aveu implicite qu’il “avait suivi un mauvais chemin” durant ses derniers mois auto-destructeurs. “Une énorme partie de notre sorte de rock’n’roll est alors mort”, reconnaît Wire. Ils sont revenus sans Edwards, mais avec leur popularité accrue et leur humanité révélée. En effet, tandis que Marcus peut avoir échoué à capturer l’extase d’un concert des Manics, ou tout le reste nécessitant un pouvoir poétique, elle révèle cependant un groupe de personnes grandement décent bien que légèrement particulier.

BONUS : 6/10 Interviews de 2005 versions longues avec Wire, Moore, Bradfield et l’ingénieur du son Dave Eringa, la vidéo When The Manics Met Rush et des images de la tournée 2005.

Traduction : 28 janvier 2017

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