NME – 24 janvier 2015 : C’est leur vérité

Rempli d’images sincère et de commentaires de fans, un nouveau documentaire sur les Manic Street Preachers promet de révéler la “vie secrète” du groupe.

À un moment dans le nouveau documentaire No Manifesto, Nicky Wire dit, “Il y a une vie secrète chez les Manic Street Preachers…” Son collègue, le batteur Sean Moorte, intervient pour finir sa phrase : “… que même ce documentaire ne trouvera pas !”

Ayant rejoint les Manics en tournée, chez eux, dans la nature et en studio, on pardonnera à la réalisatrice Elizabeth Marcus de ne pas être d’accord. Pense-t-elle avoir découvert cette vie secrète ?

“Oui”, confie la cinéaste new-yorkaise lors d’un déjeuner dans l’Ouest londonien. “Je ne vais pas dire, Oh oui, j’ai complètement disséqué leurs psychés, pas du tout. Mais je crois qu’il y a une image assez complète dans le film de qui ils sont et de quoi ils parlent”.

Travail d’amour, le film accompagne les Manics sur scène et en dehors de 2005 et 2009, période cruciale pour le groupe qui les a vus rebondir du fond critique et commercial de Lifeblood (bien que cet album soit l’un des préférés de Marcus) pour sortir leur disque de renaissance, Send Away The Tigers. Vers la fin du film, ils sortent Journal For Plague Lovers, utilisant les dernières paroles que leur collègue Richey Edwards leur a laissés avant sa disparition en 1995.

No Manifesto est un film sincère, que des images vérité, donnant au spectateur une rare chance de voir Nicky et James se disputer à propos des cordes de Autumnsong, James faire une bataille de chatouilles avec le producteur Dave Eringa, et une franche discussion à propos du départ de Richey et de la direction que le groupe a prise après – sans oublier la révélation que James déteste les céréales. Il sert également d’ouverture pour les nouveaux fans : conçu comme alternative radicale concentrée sur les fans aux images en coulisses/moulins à paroles banaux des docus rocks, il laisse les disciples célèbrement dévoués des Manics – une centaine a été interviewés – narrer l’histoire du groupe, soulignant, comme le dit le bassiste Wire, “le respect mutuel, la haine mutuelle et un amour mutuel” entre les deux. En tant que fan américaine des Manics, Elizabeth elle-même est une chose rare – une partie du film s’intéresse à la “malédiction américaine” du groupe, selon laquelle chaque tournée américaine avant 1999 s’est en quelque sorte mal passée, et il y a un micro-trottoir avec des fans américains anglophiles qui n’ont jamais entendu parler d’eux.

La première du film a lieu au Chapter Arts Centre de Cardiff le 30 janvier, avec d’autres diffusion de part le pays à venir (voir nomanifestofilm.com) et sort en VOD, DVD et blu-ray le 16 février. Il a été si long à faire principalement parce qu’il était auto-produit et auto-financé. Marcus et son producteur de mari Kurt Engfehr (dont les films précédents incluent Fahrenheit 9/11 et Bowling For Columbine) ont commencé avec la prémisse de faire un film sur les fans des Manics en 2002. Quand le groupe a accepté de contribuer, les choses se sont compliquées sur le plan de l’organisation et la facture a grossi. Les problèmes économiques de 2009 ont voulu que le distributeur original du duo pour ce qui était alors la version finale s’est retiré, mais le délai supplémentaire a permis un montage plus long pour retirer des images datées. Le résultat est un aperçu d’un groupe à un moment critique sur le chemin de là où ils se trouvent aujourd’hui.

Malgré l’accès permis à Marcus et Engfehr, les Manics ont pris une approche non-interventionniste pour le film. “Au début du processus, j’étais un peu déçue que le groupe ne voulait pas avoir plus de contribution, dit Marcus. Mais j’en suis venue à voir que c’était vraiment mieux. À part le fait que ça m’a donné la liberté créative de faire ce que je voulais faire, c’est aussi… ce sont des musiciens, c’est un groupe. Et j’étais heureuse avec le fait que c’était mieux pour eux de juste faire leur truc et qu’on fasse le nôtre… Le groupe disant, Oh, venez ici faire ce projet qui s’étale sur des années à propos de notre carrière et faites ce que vous voulez avec, ça demande beaucoup de courage, et je les admire vraiment pour avoir pu faire ça”.

Le titre, No Manifesto, fait écho à cette volonté de renoncer au contrôle associé à un documentaire rock plus traditionnel. Mais, dit Marcus, c’est également une réflexion de l’emphase du film sur les fans. “Je l’ai choisi avant de faire toute interview avec les Manics, parce que j’avais cette citation géniale de cette toute première interview de Nicky où il disait, On ne peut pas distribuer un manifeste sur comment rendre votre vie meilleure, on veut juste mettre des étincelles dans l’esprit des gens, dit Marcus. Ça pour moi, c’était merveilleux, parce que ça a toujours été la raison pour laquelle je me tournais vers la musique. Mais dans la communauté des fans, surtout à la fin des années 1990, il y avait cette sorte d’impression qu’il y avait une sorte de manifeste par les fans des Manics… comme, eh bien, si tu es fan des Manics, tu crois en ça, ça et ça. Et je voulais vraiment faire remarquer à la communauté des fans que les Manics n’ont jamais dit à personne ce qu’ils devraient penser ou croire. Ils n’ont jamais dit ce que vous devez penser, ils vous ont simplement dit ce que vous devriez penser”.

Emily Mackay


CHOIX DE LA RÉALISATRICE
La réalisatrice de No Manifesto est, tout d’abord, une fan. Elle choisit ses moments Manics préférés

Remporter le Brit Award du Meilleur Groupe Britannique en 1999
“Meilleur discours de tous les temps, où James fait juste MANIC STREEEEET PREACHERS ! Pleins de bisous à tout le monde à la maison ! Bonsoir !, et pendant ce temps, Nicky, en robe, fait de la corde à sauter sur le côté. J’adore ça”.

Entendre James chanter en studio
“J’ai juste adoré entendre sa voix brute, parce que c’était sa voix qui m’a attirée vers le groupe en premier lieu. Un ami m’a suggéré d’acheter This Is My Truth…, alors j’ai trouvé cet album et je l’ai mis. Et dans la première chose qui est passée, The Everlasting, il y a cette première ligne où sa voix s’envole, et j’étais là, Waouh, j’aime ça, t’sais”.

Lifeblood
“Peu partagent mon opinion, mais la raison pour laquelle je choisis Lifeblood comme mon album préféré, c’est parce que j’ai un attachement émotionnel à cet album. C’était le premier nouveau qu’ils aient fait après je devienne fan. C’était un moment assez difficile de ma vie, et je trouvais que l’album était beau et réconfortant”.

Le clip de Faster
“Ça ne ressemble à rien d’autre. Il est bizarre et intéressant et il complète l’énergie de la chanson parce qu’il a ce grand esprit qui possède à la fois de la rage et de l’espoir. Et j’avais l’impression que l’image allait en quelque sorte bien avec”.

Le voyage des Manics à Cuba en 2001
“Ils ont fait une vidéo, Louder Than War, à propos de leur voyage à Cuba pour jouer pour Fidel Castro [le leader cubain]. Il y a un moment où James parle à la fin à propos de son ressenti et il a dit, J’ai juste pensé, quel groupe putain. On est cool, bordel !”.

Traduction : 29 janvier 2017

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