NME – 27 septembre 2008 : Paradise City

Doves / Manic Street Preachers / Cherry Ghost
Forever Heavenly, Royal Festival Hall, Londres, vendredi 12/09/08

Un ensemble impressionnant d’amis étincelants vient à la méga teuf des 18 ans de Heavenly Records

Une voix primale se fait entendre au dessus des bruits de pas assourdissants : “On est les Manic Street Preachers. On a été un groupe Heavenly pendant six chansons”. Sur ce, James Dean Bradfield plonge la tête la première dans Motown Junk, au grand bonheur d’un troupeau de Manicettes tout de léopard vêtues qui ont cavalé au premier rang, leurs boas de plumes ondulant.

Et le décor est planté : la raison pour laquelle on est tous là ce soir. Cela fait 18 ans que Heavenly Recordings a été fondé (par l’ancien agent de Creation Records Jeff Barrett) en 1990. L’Acid House était devenue mainstream et pendant un moment il semblait que Flowered Up et Saint Etienne étaient entrées par effraction dans l’Haçienda et pris le pouvoir. Dix huit ans plus tard et les socialistes gallois de Barrett sont de retour et d’humeur à faire la fête.

Durant tout le weekend, les artistes prisés de Heavenly ont détourné toutes les fissures du Royal Festival Hall, dont Cherry Ghost (qui ouvre ce soir), The Magic Numbers, Beth Orton, The Little Ones et Edwyn Collins.

Ce soir, cependant, appartient aux Manics et à Doves. S’il y avait quelconques doutes quant à la décision du premier groupe de jouer leurs six premières chansons sous l’empreinte Heavenly qui ont marqué toute une époque, ils sont rapidement détruits par Bradfield. “On peut dire que Richey et moi, on avait 19 ans quand on a écrit ça”, dit-il avec piquant après Starlover. Tous ceux qui attendaient un vide sinistre sur scène de la forme de Richey Edwards ont été amèrement déçus, parce que la soirée n’est pas sous le signe du deuil. Alors que Bradfield attaque la face B de Motown JunkWe Her Majesty’s Prisoners, il déclare : “Ce soir, elle s’appelle Ceremonial Rape Machine” (titre original avant que la pression du label ne le leur fasse changer). Il est clair que ce groupe a toujours une histoire à raconter. Ainsi que leur ancien label…

Arrivent Doves, qui retournent sur scène après trois ans d’interruption. Ils montent sur scène sous les accents à donner la chair de poule de Firesuite, le morceau qui ouvraient leur premier album Lost Souls, un appel grisant et terre à terre qui capture la northern soul du groupe.

On dirait à peine qu’ils avaient disparus, tant que les paysages sonores épiques Break Me GentlySea SongPounding et Caught By The River changent suprêmement de taille aux côtés de Northenden (face B jouée ce soir pour la toute deuxième fois) et les nouvelles chansons Winter HillJetstream et Kingdom Of Rust, qui suintent magiquement de l’éther.

Tandis que “Forever Heavenly” clignote sur la toile de fond et le trio de Manchester retourne la vague avec l’hymne de cloture The Cedar Room, l’hommage sincère semble aussi du ciel qu’une réunion avec leur label.

Kat Lister

Traduction : 2 février 2009

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