China

(la Chine)
Cité dans New Art Riot :
“Revolution soon dies, sold out for a pay rise
China, Russia, England, all washed up in power abuse
Terrorism is an excuse that the ruling class use”
et dans Freedom Of Speech Won’t Feed My Children :
“Bomb the Chinese Embassy
The west is free, oh the west is free
Laugh at the hammer and sickle
It is antique”
et dans The Love Of Richard Nixon :
“The love of Richard Nixon
Yeah, they all betrayed you
People forget China
and your war on cancer”
et dans Send Away The Tigers :
“There’s no hope in the colonies
“So catch yourself a lifeline
Things have gone wrong too many times
So catch yourself a slow boat to China

La République populaire de Chine (RPC) (chinois simplifié : 中华人民共和国 ; chinois traditionnel : 中華人民共和國 ; pinyin : Zhōnghuá Rénmín Gònghéguó), couramment appelée Chine et parfois Chine populaire, est un pays d’Asie de l’Est. Avec plus de 1,3 milliard d’habitants, soit environ un sixième de la population mondiale, c’est le pays le plus peuplé du monde. Elle compte huit agglomérations de plus de dix millions d’habitants, dont la capitale Pékin (Beijing), Shanghai, Canton, Shenzhen et Chongqing, ainsi que plus de trente villes d’au moins deux millions d’habitants. Avec 9 641 144 km² de superficie ou 9 596 961 km² selon les chiffres de l’ONU, la Chine est également le plus grand pays d’Asie orientale et le troisième ou quatrième plus grand pays du monde par superficie. La Chine s’étend des côtes de l’océan Pacifique au Pamir et aux Tian Shan, et du désert de Gobi à l’Himalaya et aux confins de la péninsule indochinoise, couvrant 9 677 009 kilomètres carrés.

En 2014, la République populaire de Chine est la deuxième puissance économique mondiale. La Chine est également l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle est également le premier exportateur mondial et dispose de l’arme nucléaire, de la plus grande armée du monde et du deuxième plus grand budget militaire. Gouvernée par le Parti communiste chinois, la Chine a adopté une “économie socialiste de marché” où capitalisme et contrôle politique autoritaire se côtoient en une formule spécifique. La constitution de la République populaire de Chine la définit comme “un État socialiste de dictature démocratique populaire, dirigé par la classe ouvrière et basé sur l’alliance des ouvriers et des paysans”. Le préambule de la constitution spécifie le rôle dirigeant du Parti communiste chinois et continue de citer officiellement le marxismeléninisme comme idéologie de référence de l’État.

La Chine est l’une des plus anciennes civilisations au monde, et est parfois citée comme la plus ancienne civilisation continue. Elle trouve son origine dans la vallée du fleuve Jaune puis s’est étendue vers le sud (conquête des territoires au sud du Yangzi Jiang dès la dynastie Han), vers l’ouest (premières incursions en Asie centrale sous les Han, extension temporaire jusqu’à la mer Caspienne sous les Tang, conquête du Xinjiang et du Tibet sous les Qing) et vers le nord (la dynastie Qing, d’origine mandchoue a apporté à la Chine la Mandchourie et la Mongolie). Au cours de son histoire la Chine a été à plusieurs reprises divisée puis réunifiée ; elle a été par deux fois entièrement conquise par des étrangers (par les Mongols au XIIIème siècle et par les Mandchous au XVIIème siècle), bien que ceux-ci aient fini par adopter les coutumes et le système administratif chinois pour gouverner l’empire. La dernière dynastie impériale, les Qing (la dynastie d’origine mandchoue qui régnait sur le pays depuis 1644), a connu une période de déclin durant la phase d’expansion coloniale des pays occidentaux, menant le pays de défaite en défaite à partir des guerres de l’opium. C’est seulement après la victoire contre l’armée japonaise en 1945 que la Chine a pu se libérer des interventions étrangères. La République populaire de Chine est proclamée le 1er octobre 1949, à la suite de la victoire militaire du Parti communiste chinois sur le Guomindang. Elle se présente aujourd’hui comme une “république socialiste” et exerce un contrôle sur vingt-deux provinces, cinq régions autonomes, quatre municipalités (dont Pékin) et deux régions administratives spéciales (Hong Kong et Macao).

La Chine a connu une période néolithique et des âges des métaux plutôt tardive par rapport à l’Anatolie et à la Mésopotamie, mais elle a été et reste le foyer de nombreuses innovations dans les domaines des sciences et des arts. Elle est à l’origine de nombreuses inventions majeures telles la boussole, le papier, le billet de banque ou la poudre à canon. La civilisation chinoise a fortement imprégné toute l’Asie de l’Est, notamment aux niveaux religieux (confucianisme, taoïsme et développement du bouddhisme chan), linguistique (les sinogrammes ont été utilisés dans toute la région et de nombreux mots chinois sont présents dans les langues qui y sont parlées), ainsi qu’artistique (calligraphie, peinture, imprimerie, instruments de musique).

Tout au long de leur histoire, les Chinois ont utilisé plusieurs noms pour désigner leur pays. Aujourd’hui, le plus utilisé d’entre eux est 中国 / 中國, zhōngguó.

Lorsqu’ils ont envisagé l’établissement d’une république, Sun Yat-sen et ses compagnons n’ont pas voulu reprendre le terme “zhōngguó”, pourtant courant, car il était employé par les puissances occidentales ; ils voulaient encore moins de “Shina” (支那), terme réducteur utilisé par les Japonais durant les guerres sino-japonaises, imprégné de colonialisme, qu’on retrouve dans la transcription chinoise de Indochine (印度支那, Yìndù zhīnà). Ils ont finalement décider de combiner les caractères “zhōng” (中) et “huá” (華 chin.trad. 华 chin.simpl.). Le sinogramme “zhōng” viendrait de “zhōngyuán” (中原 chin.trad. et chin.simpl.) qui signifie “les plaines du centre” en référence au berceau de la première civilisation chinoise situé quelque part entre le fleuve Jaune et le Yangtse. Quant au sinogramme huá, qui peut prendre aujourd’hui le sens de “en fleur”, “magnifique” ou “illustre”, est l’un des éléments de huáxià, terme qui désigne dans les écrits des Royaumes combattants les premiers Chinois, “les tribus de Huángdì et de Yandi”. Qian Mu (錢穆, Ch’ien Mu), historien chinois, considère qu’il s’agit du nom de leur territoire, Hua étant une montagne du Henan et Xia l’ancien nom de la rivière Han (漢水, Hàn shuǐ). D’autres historiens pensent que l’ethnie Xia, qui aurait donné son nom à la première dynastie de l’histoire chinoise, était qualifiée de hua, dont un des sens est “peint”, du fait que ses membres se tatouaient. Le terme zhōnghuá a été mentionné pour la première fois en 1894 par Sun Yat-sen à l’occasion d’un discours prononcé à Hawaii. Ce terme est aujourd’hui inclus dans les appellations de Taïwan (Zhōnghuá Mínguó ; 中華民國 / 中华民国) et de la République populaire de Chine (Zhōnghuá Rénmín Gònghéguó ; 中華人民共和國 / 中华人民共和国).

Le mot “zhōngguó” (Chine), ayant à l’origine un nombre de sens restreints, a par la suite pris un sens plus large et désigne désormais l’ensemble du territoire chinois. Aujourd’hui, ce mot fait généralement référence à la Chine continentale (中國大陸, zhōngguó dàlù), ou aussi à la République populaire de Chine, Hong Kong et Macao inclus, plus rarement encore à l’ensemble formé par la République populaire de Chine et Taïwan, ce qui correspond alors à la zone économique de la “Grande Chine” (Dà Zhōnghuá Dìqū ; 大中華地區/大中华地区).

Dès le Néolithique existaient en Chine des sociétés organisées sédentaires qui pratiquaient l’agriculture et l’élevage. La culture du riz apparaît vers 5000 av. J.-C. Bien que des objets de bronze aient été trouvés sur le site de la culture de Majiayao (entre 2300 et 2700 av. J.-C.), il est généralement admis que l’âge du bronze en Chine a commencé aux alentours de 2100 av. J.-C., durant la dynastie des Xia. Mais c’est sous la dynastie des Shang (de 1766 à 1122 av. J.-C.) que le travail du bronze atteint tout son développement.

Après les premières dynasties, telles que celles des Xia, des Shang et des Zhou, qui n’occupent que la partie la plus centrale du pays, le grand unificateur de la Chine est l’empereur Qin Shi Huang, fondateur de la dynastie Qin (qui a donné son nom à la Chine) en 221 av. J.-C., ainsi que de la Grande Muraille de Chine. Elle est alors devenue une vaste zone relativement unifiée politiquement et linguistiquement, avec une culture avancée, devançant le reste du monde dans de nombreux domaines tels que les arts, la médecine et les techniques. L’armée enterrée qui garde encore aujourd’hui son mausolée à côté de Xi’an a été retrouvée en 1974.

Sous les Han (de -206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.), les Tang (de 618 à 907), puis les Song (de 960 à 1279), le pays connait de longues périodes de paix, pendant lesquelles la Chine peut être comptée au premier rang des nations les plus importantes du monde, par sa population, sensiblement égale à celle de l’Europe, mais aussi par ses innovations, sous les Tang et sous les Song en particulier.

Entre ces brillantes dynasties cependant, la Chine connait des périodes troublées, avec des périodes de guerres civiles pendant lesquelles elle perd son unité. C’est notamment le cas de la période séparant la chute des Han, en 220 ap. J.-C. avec l’apparition des Trois Royaumes, jusqu’en 581, date à laquelle la dynastie Sui réunifie la Chine, préparant ainsi l’avènement des Tang. De même, une période de troubles, les Cinq dynasties et les dix royaumes, sépare les Tang de la dynastie Song, pendant laquelle s’épanouit la culture chinoise à son apogée.

Après le traumatisme de l’invasion mongole opérée par les héritiers de Gengis Khan, la dynastie Yuan, celle-ci prend le pouvoir dans le nord de la Chine à partir de 1234, et proclame sa souveraineté sur la Chine en 1271, en dépit de la résistance acharnée de la dynastie des Song dans le sud de la Chine jusqu’en 1279.

Une nouvelle dynastie d’ethnie Han reconquiert finalement le pouvoir en 1368 ; c’est la dynastie Ming, qui s’efforcera de retrouver la gloire du passé, sans toutefois en retrouver le dynamisme.

En 1644, une nouvelle dynastie “non-Han”, mandchoue cette fois, s’empare du trône de Chine et fonde la dynastie Qing, aboutissement de l’œuvre de Nurhachi, le véritable fondateur de cette lignée qui ne s’achèvera qu’avec l’empereur Puyi, “le dernier empereur”.

Même pendant les périodes d’unité, la culture chinoise a toujours consisté en un tissu très composite, et la variété des cuisines, des dialectes, des habitudes et des modes de vie ne doit pas être éclipsée par l’étonnante unité culturelle, administrative et politique de ce pays à l’échelle d’un continent. Cette unité et continuité ne sont pas sans rapport avec l’emploi d’une écriture relativement détachée de la phonétique, qui permet de noter de la même façon des langues et des dialectes très différents.

Lors de la Révolution industrielle inaugurée au Royaume-Uni, la Chine des Qing s’est fermé aux influences étrangères : cela a contribué sans doute, dans un contexte d’internationalisation des échanges et d’impérialisme colonial, à son déclin économique et technique. À la suite des guerres de l’opium, les Traités inégaux ont forcé l’empire Qing à diviser son territoire en zones d’influence attribuées aux Huit armées étrangères alliées, ouvertes sans conditions au commerce étranger : l’Allemagne, par exemple, dominait le Shandong, la France le Yunnan. L’économie du pays, axée sur le commerce de l’opium, a été ruinée, son autonomie politique abolie de facto.

En 1851 a commencé la révolte des Taiping, alimentée par les croyances des sociétés secrètes de Chine méridionale, et prônant un mouvement de réformes radicales. Mal organisée, l’armée des Taiping a été défaite en 1864, avec l’appui des troupes franco-britanniques.

Lors de la première guerre sino-japonaise (1894-1895), le Japon a vaincu les troupes impériales, et a obtenu l’île de Taïwan et les îles Penghu à travers le traité de Shimonoseki. En 1898, le Royaume-Uni a obtenu une concession de 99 ans sur les Nouveaux Territoires (y compris New Kowloon et Lantau). Le Royaume-Uni, la Russie, le Japon, la France, l’Allemagne et la Belgique ont tiré parti de l’état de déréliction croissante du pays pour élargir chacun sa sphère d’influence.

Les tentatives de la Chine pour se moderniser s’avèrent insuffisantes, et la réforme des Cent Jours de 1898 est un échec. Le mouvement nationaliste de la révolte des Boxers, en 1899-1901, dont l’empire tente de tirer parti pour résister à l’influence des puissances étrangères, débouche sur une intervention internationale et sur un protocole de paix humiliant pour la Chine, renforçant le discrédit des Qing.

La révolution éclate en 1911. Sous la pression d’intellectuels et hommes politiques progressistes, le choix d’un régime républicain est décidé et la République de Chine est proclamée en 1912 par Sun Yat-sen, chef du parti nationaliste Kuomintang ; le dernier empereur, Puyi, abdique. Yuan Shikai, devenu président, proclame le rétablissement de la monarchie en 1915. Sa mort, en 1916, contribue au chaos économique et politique du pays : la conférence de Paris, en 1919, attribue le Shandong, revendiqué par l’Allemagne récemment défaite, au Japon. Le mouvement du 4 mai 1919 éclate en signe de protestation.

En 1921, le Parti communiste chinois est créé à Shanghai. Entre-temps, Sun Yat-sen a multiplié les contacts et demandes d’assistance auprès de la jeune Union soviétique. En 1923, il fonde à Canton l’académie militaire de Huangpu, destinée à former une armée chinoise moderne : Tchang Kaï-chek en prend la direction. À la mort de Sun Yat-sen en 1925, Tchang Kaï-chek mène avec succès l’Expédition du Nord, reprenant aux seigneurs de guerre la moitié nord du pays. En avril 1927, il proclame l’établissement de la capitale à Nankin, instaurant la période dite de la décennie de Nankin. Dans le même temps, il rompt avec ses alliés communistes qu’il fait massacrer à Shanghaï, marquant le début de la guerre civile chinoise. La capitale communiste, Wuhan, est reprise en 1928 par l’Armée nationale révolutionnaire du Kuomintang : le Kuomintang a le contrôle nominal de l’ensemble du pays et obtient une reconnaissance internationale.

Fin 1931, Mao Zedong proclame la République soviétique chinoise. Fin 1934, chassé par l’armée de Tchang Kaï-chek, il entame la Longue Marche (12 500 kilomètres), fuyant vers le Nord avec 100 000 hommes, dont 86 000 soldats de l’armée rouge. Fin 1935, il se fixe avec les quelques dizaines de milliers de survivants à Yan’an. En 1932, le royaume fantoche de Mandchoukouo dont Pu Yi était le souverain nominal avait été établi par les Japonais en Mandchourie, réduisant considérablement le support industriel du Kuomintang. À l’été 1937, l’invasion massive de la partie orientale de la Chine par le Japon a déclenché la deuxième guerre sino-japonaise. Menacé par l’occupation japonaise et les mutineries de ses troupes, le parti nationaliste s’allia aux communistes contre l’envahisseur. Exacerbée par le massacre de Nankin en décembre 1937 et les multiples exactions contre les civils, la lutte antijaponaise a fortifié cette alliance jusqu’en 1940, où des conflits entre communistes et nationalistes ont repris épisodiquement.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont accordé une aide financière massive au Kuomintang dans le cadre de l’effort de guerre antijaponais ; les traités inégaux ont été abolis par les Américains et les Britanniques en 1943. En février 1945, la conférence de Yalta a autorisé l’Union soviétique, avec l’accord tacite du Parti communiste chinois, à chasser l’armée japonaise de Mandchourie.

En 1947, l’aide américaine, s’avérant inefficace, a pris fin. En 1948, les troupes du Kuomintang étaient démoralisées, épuisées par la guerre antijaponaise et la corruption du parti nationaliste. Dès la République soviétique chinoise du Jiangxi et surtout après son installation à Yan’an, Mao Zedong avait rompu avec les principes marxistesléninistes traditionnels, fondés sur les révolutions urbaines à base ouvrière. Dans les territoires qu’il occupait, il poussait une réforme agraire, menant une guérilla paysanne et ralliant les masses rurales. En janvier 1949, son mouvement avait rallié la majorité du pays et Pékin a été prise sans combat par l’Armée populaire de libération ; elle redevient capitale de la Chine sous l’appellation internationale de Beijing. Entre avril et novembre, la plupart des autres villes sont tombées sans grande résistance aux mains des communistes.

En 1949, les Communistes achèvent de prendre le contrôle de la Chine continentale (achevant en 1950 leur conquête par celle de l’île de Hainan), mettant fin à une longue période de guerre civile contre le gouvernement du Kuomintang et de morcellement politique. Le 1er octobre, Mao Zedong proclame sur la place Tian’anmen, à Pékin, la fondation de la République populaire de Chine, qui succède à la République de Chine. Les partisans du Kuomintang se replient dans l’île de Taïwan, et quelques îles du Fujian, où se maintient un gouvernement revendiquant toujours l’appellation de République de Chine. Le gouvernement basé à Taïwan est initialement le seul État chinois reconnu par les pays occidentaux, et conserve le siège de la Chine à l’ONU.

Le nouveau pouvoir veut mettre en place un nouvel ordre économique et social à la fois inspiré de l’exemple soviétique et adapté aux réalités chinoises. Dans un premier temps, cherchant d’abord à reconstruire un pays ravagé, il se contente de réformes relativement modérées, inspirées de celles déjà mises en place dans ses anciens bastions du temps de la guerre civile. Le rythme des réformes s’accélère pourtant rapidement, et de nombreuses personnes, soupçonnées de ne pas collaborer avec le régime, sont exécutées.

En 1950, la Chine intervient militairement au Tibet. En octobre 1951, elle soutient activement la Corée du Nord dans le conflit qui l’oppose à la Corée du Sud, en envoyant 1 700 000  “volontaires” combattre les forces américaines et internationales des Nations-Unies. En 1957, prenant acte des insuffisances du régime, Mao lance la campagne des Cent Fleurs : il invite la population à un débat critique. Les critiques formulées par les intellectuels sont parfois très violentes et inquiètent le parti. Celui-ci réplique par une “campagne antidroite” et lance en 1958 le Grand Bond en avant, vaste mobilisation pour la modernisation économique qui se solde par une famine responsable de 15 à 30 millions de morts. À partir de ce moment, Mao, très contesté par certains des responsables les plus éminents du parti, perd de son autorité. De nouvelles politiques économiques sont mises en place sous la présidence de Liu Shaoqi. En 1966, Mao a lancé la Révolution culturelle, qui lui a permis de revenir au pouvoir en s’appuyant sur la jeunesse du pays contre les élites du parti en poste alors. Une période de chaos s’en est ensuit. La situation est progressivement reprise en main par Zhou Enlai. Peu après la mort de Mao, Deng Xiaoping, considéré comme le leader des réformistes, est parvenu à se hisser au pouvoir. À la suite de quoi, la veuve de Mao, Jiang Qing, et ses associés, la Bande des Quatre, ont été arrêtés et jugés. Depuis, le gouvernement a considérablement réduit le contrôle gouvernemental de la vie privée des individus et opéré une transition de l’économie de type planifié à une économie mixte.

En décembre 1978, lors du XIème Comité central du Parti communiste chinois, les dirigeants chinois annoncent qu’ils encourageront les coopérations économiques avec les autres pays et chercheront à obtenir les techniques et équipements les plus avancés du monde. Ce revirement politique marque le début de la politique d’ouverture de la Chine, avec le nouveau concept d’“économie socialiste de marché”. Le leitmotiv des partisans de la réforme économique est l’ouverture progressive du marché chinois, pour parvenir à la constitution d’une classe moyenne urbaine (15 % de la population actuelle) et à l’amélioration du niveau de vie (qui s’est vérifié par une augmentation spectaculaire du revenu annuel, du niveau de consommation, de l’espérance de vie, de l’alphabétisation). Les critiques adressées à ces réformes économiques, émanant généralement des paysans les plus pauvres, des observateurs étrangers et des dissidents politiques, notent que ces réformes ont créé de grandes disparités au sein du pays, une importante pollution, une corruption rampante, un chômage croissant et une mauvaise gestion des entreprises d’État. Certains acteurs de la vie politique chinoise, journalistes et magistrats, critiquent également le manque de réformes politiques vers plus de démocratie. Le pays adopte progressivement une économie de marché et s’insère de plus en plus dans le système économique libéral mondial. En 2001, il adhère à l’Organisation mondiale du commerce. Toutefois, le Parti communiste chinois en conserve le contrôle politique exclusif et maintient sa politique répressive vis-à-vis de groupes menaçant son hégémonie. Ces opposants sont majoritairement des personnes issues de certaines minorités (notamment du Tibet et du Xinjiang), certains Hans issus de la classe urbaine ou des dissidents vivant à l’étranger. La question des droits de l’homme reste un des sujets les plus sensibles concernant la République populaire de Chine dans l’opinion occidentale.

Stigmatisant les violations des droits de l’homme, les événements de la place Tian’anmen, le 4 juin 1989, ont entraîné un embargo sur les ventes d’armes à la Chine. L’Union européenne souhaitait en 2005 lever cet embargo. La République populaire de Chine est de plus en plus influente politiquement à travers le monde, en gardant toujours le même régime politique de départ, et devient la première puissance économique en janvier 2015.

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